Madame la syndique, Messieurs les municipaux,
Mesdames et Messieurs les conseillers communaux,
Chers habitants de Savigny et même d’ailleurs.

Tout d’abord un grand merci de m’avoir invité à vous apporter ce message de la part des Eglises de notre région.
Pour moi, la collaboration entre autorités communales et ecclésiales est particulièrement importante, car elle se vit au profit du bien commun dans la complémentarité de nos actions.

Comme beaucoup, j’ai vécu ce début d’été aux couleurs de l’EuroFoot ; j’ai vécu les joies et les larmes de notre équipe nationale et si je peux être heureux de ce résultat honorable, j’aurai souhaité un peu plus de panache, d’inventivité et de réussite pour cette équipe.
Non pas par chauvinisme, mais parce que cette équipe ressemblait aux forces et aux faiblesses de notre pays.
Tout d’abord notre hymne national, contesté à l’heure actuelle pour ses valeurs religieuses et jugé « ringard » par beaucoup…
Au début des matchs, moins du tiers des joueurs le chantaient… Un peu triste à côté des équipes qui le chantaient au complet…
Mais peut-on reprocher à Djourou, Behrami, Xhaka, Fernandez, Mbolo, Seferovic ou Shaquiri par exemple de nier leurs origines, voir leurs confessions, en restant neutre à ce moment ?

Le pari de la Suisse depuis 1291 a été de rassembler les gens tout en préservant leur identité : Unité dans le respect de la Diversité ! En ce temps-là, rassembler de Schwytz, Uri et Untervald paraissait impossible, chaque vallée ayant son propre mode de vie.
D’ailleurs, aujourd’hui encore, je me demande si c’est bien différent avec Savigny, Moille, Mollie-Margot et la Claie-aux-Moines….
C’est pourquoi j’aimerai relever deux choses qui nous relient ensemble.
1) Tout d’abord un drapeau Suisse qui montre les 4 branches d’une croix blanche sur fond rouge. Cela peut montrer cette diversité qui se réunit en son centre, avec le blanc de la paix alors que le rouge du sang est tout autour.
2) Et puis un hymne en 4 langues nationales qui depuis 1841 nous conduit à chanter ensemble, en communion avec les suisses d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi avec des religieuses qui ont rassemblés nos ancêtres autour d’une vision spirituelle rassembleuse, protectrice et attentive aux plus fragiles de la société.

Mais aujourd’hui cette unité est mise à mal, critiquée, jugée désuète et ringarde.
C’est pourquoi j’y ai vu dans les images de l’EuroFoot une sorte d’image prophétique.
Vous vous souvenez sans doute de ces images des maillots de l’Equipe Suisse qui se déchiraient pendant les matches et en particulier de l’énorme déchirure du maillot de Xhaka sur toute sa hauteur…
Une manière aussi symbolique de voir la Suisse déchirée, que ce soit par les anciens ou les modernes, les vieux suisses et les jeunes, les gens des villes et des campagnes, les nationaux et les étrangers, les paysans et les économistes, les suisses allemands et les latins, les nationalistes et les réfugiés…
Et parfois même dans la paroisse, « ceux de Savigny » et « ceux de Forel » !!!
C’est pourquoi je me plais à rêver d’une Suisse qui garde ses valeurs chrétiennes sur lesquelles se basent la constitution fédérale et que je rappelle :
– la responsabilité envers la Création,
– une alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde,
– la volonté de vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité,
– la responsabilité envers les générations futures,
– la liberté et le bien-être de tous, y compris des plus fragiles.

La paix et la prospérité de la Suisse se sont construits, comme le montre notre drapeau, autour d’une alliance horizontale entre tous les confédérés et d’une alliance verticale avec le Dieu de nos ancêtres.
Pour toucher au but, sachons donc travailler en équipe avec nos propres spécificités : s’il est bon de travailler en défense, il est encore mieux de faire circuler le jeu pour marquer au centre.
Et ce centre, peut-être bien qu’il au milieu de la croix : c’est le Christ lui-même qui nous invite à vivre l’Evangile, la Vie, l’Amour, le Pardon et la joie d’être ensemble .