prier_10Seigneur Jésus, mon ami, mon frère,

Longtemps je ne compris pas bien pourquoi tu pleuras sur Jérusalem. De toutes parts, exégètes et spécialistes me l’avaient pourtant expliqué, mais je peinais à faire mien tes pleurs. Aujourd’hui, je ne les comprends que trop bien, car, tu le sais bien, j’ai mal à mon Eglise.

Oh, je sais bien qu’elle n’est pas parfaite, ce n’est pas la question. Mais  j’ai d’autant plus mal à l’Eglise, que ce n’est pas la mienne, mais la tienne, car c’est toi qui lui donnes sens envers et contre tout. Et je m’interroge, comment peut-on en arriver à se déchirer au point de ne pas laisser transparaître quelque rai de lumière au milieu de nos sombres propos et de nos noirs jugements ? Jusqu’à quand  ne suivra-t-on que les règles qui nous  environnent et non celles que tu nous incites à recevoir au plus profond ? Vous êtes dans le monde disais-tu, et non pas du monde…, mais peut-être ai-je mal lu ? Comment ceux qui ne se lient pas d’amitié avec toi pourraient désirer te rencontrer lorsque notre témoignage est si faible ?

 

Seigneur Jésus, mon ami, mon frère,

J’ai mal à Ton Eglise, je n’ose plus  employer de grands mots, je n’ose plus user de lourdes expressions : écoute, pardon, amour des ennemis, miséricorde… Et pourtant des mots si nécessaires à l’existence. Aussi, en te priant, tu le sais bien, je ne tiens plus debout, je plie, je cède sous le poids des airs de défiance, des propos excluant, des  assurances de vérité et des jugements tranchants… Je plie, je cède sous le poids de tout ce qui m’habite.

Jusqu’à quand oserais-je lire, relire, tes paroles fortes qui m’invitent à un retournement intérieur si je ne veux pas fondamentalement changer de posture ? Pardonne-moi, Seigneur, de faire entendre ou de partager tes paroles si ce n’est pas pour les risquer ! Pardonne, Seigneur, à ton Eglise de prendre la parole au lieu de manifester concrètement qu’elle est prise par ta Parole !

 

Seigneur Jésus, mon ami, mon frère,

Oui, aujourd’hui, je comprends bien tes pleurs sur Jérusalem. Et moi aussi je pleure, tant j’ai mal à l’Eglise que toutes et tous nous formons. Je veux te remettre mes frères et sœurs Jean-Michel, Simon, Pascale, Daniel, Esther, Xavier, John, Nicolas, Myriam, Line, Olivier, sans oublier toutes celles et ceux qui eux aussi souffrent de cette situation.

Ton Eglise a tant besoin de toi, tu ne l’abandonnes pas, n’est-ce pas ? Excuse-moi, mais j’ai mal à ton Eglise locale. Sans toi, elle n’est rien, sinon un instrument de percussion où chaque coup fait mal, blesse au lieu de faire entendre le rythme, la pulsation de ta présence vivante.

 

Kyrie eleison. Amen