Pour la période du carême (40 jours avant Pâques) qui débute aujourd’hui 1er mars, et de Pâques, voici un texte poétique à méditer de notre pasteur Bernard Bolay.

 

Du vide

Juste un peu de vide

Et rien d’autre

Comme au premier jour de la création

Comme au premier jour de la nouvelle création au cœur du tombeau

Comme au plus profond du temple

Où il n’y avait ni statue, ni image

Mais du silence et du vide…

Et peut-être de la poussière

 

Du vide

Voilà le bien le plus précieux

Et le plus difficile à accueillir

Pour moi, saturé d’images et de bruits

Mais jamais rassasié

Pour moi, toujours en quête de stimulations extérieures

Mais jamais apaisé

 

Ce n’est pas la nature qui a horreur du vide

C’est moi

Parce que là

Devant le tombeau déserté

Tout reste à écrire

Tout reste à inventer

Tout reste à vivre

Sans plans

Sans directives

Sans objectifs

Sinon d’être là

Ouvert à l’espace

À la liberté nue

Aux bras tendus de Dieu

 

Parce que devant le tombeau vide

Nulle réponse

Mais une question infinie

Sur la vie et son sens

Sur la mort et sur son impuissance

 

Ce n’est pas Dieu qui a horreur du vide

Lui s’y sent bien

Dans cet espace pour l’autre

Dans ce lieu de rencontre à créer

Où la vie se fait artiste

Poète et musicienne

Dieu s’y sent bien

Dans cet espace pour naître

Et aimer

Sans accaparer

Sans s’approprier

Sans contraindre

 

C’est moi qui m’y sens mal

Moi qui voudrais tant saisir

Tant tenir entre mes mains

Tant voir de mes yeux

Ce que mon coeur désire

Moi qui aime, tant que je maîtrise

Moi qui ne sais pas lire

La présence au cœur de l’absence

Le plein au creux du vide

Ce plein qui n’emplit pas

Mais taraude encore plus

Le désir de le rencontrer

 

Pâques

Et après Pâques

C’est du vide

Une page blanche

Où pourra s’écrire

Le vif d’une amitié

Généreuse et libérante

 

Du vide

Juste un peu de vide

Et savoir que Dieu se tient là